Archives de Catégorie: actualités

Les pérégrinations de Théodore Muss

Cette aventure devait à l’origine faire l’objet d’une pièce de théâtre, et puis les choses évoluent et ne se passent pas toujours comme prévu, la preuve avec ces pérégrinations de « Théodore Muss » que je prends aujourd’hui le temps de relater sous la forme de ce qui pourrait n’être qu’un roman médiocre de plus mais comme les choses ne se passent pas toujours comme prévu… Quoi qu’il en soit je prends beaucoup de plaisir à le voir évoluer, lui et puis ses deux compagnes d’aventures, Mathilde et Adèle, qui ont décidé de le suivre sans savoir où cette déambulation allait les conduire, et moi non plus, et c’est tant mieux… Je ne résiste pas au plaisir de partager les premières lignes d’ouverture de ce texte encore en cours, mais qui se terminera par un point final dont je peux idéalement laisser la trace ici (.). Quelle drôle d’aventure aussi d’envoyer une bouteille à la mer sans savoir sur quel rivage elle finira par se poser !

« Théodore Muss était comme ça. Flatteur mais désintéressé. Un pur optimiste. Au moment où il décida de laisser cette dame d’un certain âge utiliser le pèse-personne avant lui, il ne faisait aucun calcul et ne soupçonnait pas ce qui allait suivre. D’ailleurs eut-il entraperçu la conséquence de son acte, vu qu’il est également très joueur, cela n’aurait en rien modifié sa décision de céder la place. Et, se disait-il, ce n’est pas maintenant que je suis à la retraite que quelqu’un pourra me faire changer.

Peut-être un brin de curiosité. Oui parce qu’on peut dire que Théodore Muss obéit à une nature curieuse. Une nature qui le conduit souvent à devoir vérifier l’exactitude d’une théorie ou d’un présupposé. En tout cas lorsque la dame d’un certain âge eut fini de se hisser sur le pèse-personne, lorsqu’on entendit la bascule couiner sa douleur, puis dans le même mouvement l’aiguille gémir d’hésitation avant de se lancer résolument dans un rush désespéré pour atteindre la délivrance et peut-être même le nirvana, lorsqu’enfin le pointilleux mécanisme sans défense résolut d’interrompre ici sa courageuse carrière de pèse-personne et d’exploser en vol dans un grand ouf de soulagement, le résultat de l’opération ne le surprit en rien. Confrontée à l’inertie du progrès technique, la dame ne connaîtrait pas son poids exact. Si elle avait été aussi curieuse que lui, si elle avait été un peu plus perspicace surtout, elle aurait aussi bien pu s’économiser une pièce de monnaie en questionnant Théodore Muss qui se serait alors fait un plaisir de lui répondre, au bas mot votre poids doit avoisiner les trois cent vingt-cinq livres.

À présent qu’ils se trouvaient tous deux face au tragique de la situation, il se contentait de pointer du doigt le poids maximum inscrit sur le cartouche des consignes à respecter avant utilisation, faisant simplement remarquer que ce n’était pas de chance, qu’elle ne devait pas dépasser de beaucoup. Oui parce que nous l’avons déjà souligné, Théodore Muss est comme ça, flatteur mais désintéressé. Un pur optimiste. Et c’est ainsi vêtu et sans autre artifice qu’il prit le chemin de la seconde pharmacie du centre-ville en quête d’un pèse-personne encore compact et opérationnel. Cependant, le sens de l’orientation n’ayant pas été fourni au berceau, il n’existe jamais aucune certitude que Théodore Muss se retrouve à l’endroit où il a prévu de se rendre. »

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Un salon du livre des « lanceurs d’alerte » à Montreuil

C’est quoi un lanceur d’alerte ? Mon petit doigt me répond : un professionnel muni d’une conscience que des circonstances obligent à monter au créneau. Détail à savoir pour qui veut lancer une alerte, sur le plan personnel il n’y a rien à gagner et dans bien des cas beaucoup à perdre. Raison pour laquelle un homme politique de métier ne peut pas être lanceur d’alerte. Ces dernières années, Irène Frachon (le Médiator), Eric Halphen (HLM de Paris et HLM des Hauts-de-Seine), Eva Joly (Tapie, Elf), Elise Lucet (« cash investigation »), Patrick Pelloux (la canicule de 2003), Denis Robert (Clearstream) ont tiré quelques sonnettes d’alarme. Les 14 et 15 novembre, ils seront présents pour sonner le tocsin à Montreuil en compagnie de journalistes, de juristes, d’économistes, d’écrivains mais aussi de scientifiques et de médecins, qui ont tous en commun de se sentir citoyens. Ils ne savent pas tenir leur langue, ils écrivent des livres et nous informent, ils font parfois peur aux puissants, ou en tout cas réfreinent leurs ardeurs et si ce monde est encore à peu près respirable, je crois vraiment que c’est grâce à des gens comme eux. Comment ne pas avoir une pensée spéciale pour le petit dernier de la bande, à savoir Erri De Luca, dont la présence à ce salon est suspendue à la décision d’un juge qui devra le 19 octobre se prononcer sur le mot « saboter ». Citons De Luca : « Je suis inculpé pour avoir employé le verbe saboter. Je le considère noble et démocratique. Noble, parce que prononcé et utilisé par de grands personnages comme Gandhi et Mandela, avec d’énormes résultats politiques. Démocratique, parce qu’il appartient depuis l’origine au mouvement ouvrier et à ses luttes. Une grève, par exemple, sabote la production. Je défends l’emploi légitime du verbe saboter dans son sens le plus efficace et le plus vaste. Je suis prêt à subir une condamnation pénale pour son emploi, mais non pas à laisser censurer ou réduire ma langue italienne. »

http://deslivresetlalerte.fr/programme-salon-alerte/

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« American sniper ». Vous avez dit : « propagande »?

Actuellement à l’ordre du jour : l’éducation de la jeunesse. Dans un premier temps à l’égard de jeunes désœuvrés volontairement violents sur une échelle graduée allant de l’insulte bas de gamme jusqu’à l’usage de la kalachnikov. Thème réactualisé aujourd’hui suite à je ne sais quelle remarque ou admonestation de je ne sais quelle cour ou commission visant à rappeler que l’interdiction de la fessée parentale n’est toujours pas inscrite dans la loi française. Fichtre ! Ceci n’étant pas un billet humoristique, j’éviterai de me prononcer. Le problème c’est que ces questions viennent ricocher jusqu’ici pour me tirer de ma torpeur. Éducateur de profession moi-même, depuis un premier poste en foyer socio-éducatif en janvier 1982, parfois on me demande : ce doit être pénible, comment tu as pu travailler avec des enfants tout ce temps ? Je n’ai pas de réponse parce que je ne saisis pas la question. Pour me sortir d’embarras, il m’arrive de rétorquer que je ne sais rien faire d’autre, ou que c’est bien moins pénible qu’un travail à l’usine. Pire, lorsqu’on vient me demander conseil, « toi qui as l’habitude » ! L’habitude de quoi, de flanquer la fessée ou de subir des insultes ? Je n’ai aucun conseil à livrer en kit parce que la vérité m’oblige à reconnaître que les enfants m’ont donné tout ce qui m’est arrivé de bon dans la vie. En matière d’éducation, on ne sait pas, on ne sait rien. On s’efforce de savoir, déjà de comprendre, afin d’agir au mieux. Et pour agir au mieux, il faut avoir réalisé qu’on ne sera jamais certain mais toujours remis en question. Pour savoir il faudrait qu’il existe une « technique », mais cela n’est heureusement pas le cas. La première chose que m’ont enseignée les enfants, c’est la patience. Et juste après, l’humilité. Humilité indispensable pour inverser les valeurs : ce n’est pas l’éducateur qui maîtrise la partition, c’est l’enfant qui conduit. Si l’éducateur est capable de supporter, d’accepter, et même de revendiquer cette contrainte, il pourra durer dans le métier, deviendra suffisamment léger pour ne pas entraver le cahotant voyage d’une relation éducative. La réalité est toute simple : pour aider un enfant, on ne peut aller contre, et on a bien besoin de lui. Il faut agir le moins possible et laisser l’enfant avancer de lui-même. Trouver l’équilibre entre fermeté et souplesse. La première rassure et la seconde libère. Cet équilibre ne s’apprend dans aucun manuel et, c’est vrai, n’est pas non plus à la portée du premier venu. Il n’était pas forcément à l’ordre du jour lorsque j’avais vingt ans mais il est devenu l’objectif depuis que je suis « devenu » éducateur. Certains y verront du respect, je préfère l’appeler le tact. Il s’agirait de plantes, on dirait « avoir la main verte ». A propos d’éducation, on peut aller voir « American sniper », dans lequel certains (aveugles sans doute) ont vu un film de propagande pro-américaine. Tout ce que j’y ai vu moi-même c’est la trajectoire d’un texan un peu simplet et dangereux (pléonasme ?), ou comment foutre sa vie personnelle en l’air pour s’être nourri de propagande prétendument éducative. Clint Eastwood est magistral comme souvent.

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« Le cercle des illusionnistes » du magicien Alexis Michalak au TNN.

Suite à une alléchante critique parue il y a un an dans le Canard enchaîné, j’ai commandé ce que je croyais être un roman mais qui n’était que le texte d’une pièce de théâtre : « le cercle des illusionnistes » d’Alexis Michalak, édition Les Cygnes. Je l’ai donc lu. Inutile de le résumer ici. L’histoire s’articule autour du fait que Georges Méliès a repris le théâtre d’illusions que créa Jean Eugène Robert-Houdin dans une cave au 8 boulevard des Italiens à Paris. L’idée de base est que la vie est un cercle et que les illusionnistes sont la vie. Tout en abordant une infinité de thèmes avec beaucoup de finesse. Mais le plus important au cours de cette lecture, c’est qu’elle me fit tomber dans un prodigieux tourbillon d’images. Hier je suis allé voir la pièce au TNN. Alexis Michalak en assure la mise en scène avec un talent égal à celui de l’auteur Michalak Alexis. Sur le plateau j’ai retrouvé le même tourbillon qu’à la lecture. Dans une multitude de lieux différents et sur une période d’au moins un siècle, six excellents comédiens interprètent combien, vingt, trente ? personnages avec une incroyable énergie, se croisant ou se complétant pour traverser l’espace et le temps et nous embarquer dans une histoire d’autant plus extraordinaire qu’elle semble vraie, soutenus par une scénographie à la hauteur du miracle. C’est simple. C’est beau. C’est magique. De quoi nous réconcilier à vie avec le théâtre.

Le cercle des illusionnistes

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La thèse du complot : Charlie Hebdo s’est fait Hara Kiri

Moins de 48 heures après les drames qui ont ensanglanté Paris, des questions cruciales ont fleuri sur ce qu’il est convenu d’appeler « la toile ». Comment des terroristes aussi bien organisés ont-ils pu oublier une carte d’identité dans la voiture ? Pourquoi la tête du policier exécuté n’a pas versé de sang ? Par quel miracle un journaliste se présente sur le toit surplombant la scène (et non la Seine, ignare !) moins de 3 minutes après, muni d’un gilet pare-balles ? Comment les terroristes occupés à d’autres tâches plus ingrates ont-ils pu prendre la peine de repeindre les rétroviseurs (signe de deuil ?) en noir ? A tous les apprentis romanciers sensibles aux thèses complotistes, ne vous fatiguez plus, j’ai bien étudié le dossier et vous ai mâché le travail que vous n’aurez plus qu’à régurgiter : Charlie savait ce qui allait se passer et l’a même prémédité.

Côté promotionnel, c’est super bien orchestré. Du jamais vu, rendez-vous compte que dix minutes après le drame, les secours sont déjà sur place. Dans la foulée le président François Hollande se rend personnellement rue Lenoir où il effectue un selfie parce qu’il savait que sa cote de popularité allait remonter à partir du 7 janvier. Il a été alerté directement par l’urgentiste et chroniqueur de Charlie, Patrick Pelloux, collègue de travail d’un imam formateur des islamistes radicaux, stagiaire infirmier à la Salpétrière où ont été conduites certaines victimes de l’attentat en vue de les achever. D’ailleurs Patrick Pelloux a lui-même pris la peine de sauter la fatidique réunion, ce qui en dit long, de même que certains collaborateurs du journal qui, comme par hasard, en prétextant de foireux alibis, n’étaient pas présents le matin du drame. L’un d’eux, le dessinateur Luz admet que le 7 janvier est son anniversaire. Le choix de la date est un indice de plus, rappelons que Cavanna a préféré décéder il y a un an de complications pulmonaires, preuve que ces zozos ne manquent pas d’air. On peut même penser à un hommage posthume puisque Cavanna est mort un 29 janvier alors que l’attaque a eu lieu le 7 janvier et que chacun sait que 5 (dessinateurs) moins 1 (garde du corps) font 4 multipilés par 7 font 28 plus 1 (économiste) font 29. A propos de maths, Oncle Bernard est dans le coup lui aussi. On sait que Charlie vivait un moment difficile, et on peut affirmer que l’influence de leur économiste attitré n’est pas étrangère à la brutale réduction de personnel de Charlie. Dernière preuve de la machination : en une semaine, les ventes de Charlie vont passer de trente mille à un million ! Avec toutes ces révélations, on peut conclure que non, définitivement non, Charlie n’est pas victime mais s’est officiellement fait Hara Kiri.

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